« Emmanuelle Petiau, c'est bien la dame qui vend du social selling sur LinkedIn ? »
Cette question, je l'ai reçue au moins six fois en dix-huit mois. À chaque fois de la part d'un commercial ou d'un consultant qui a vu sa tête passer dans une pub, un post sponsorisé, une recommandation d'un ancien collègue. Et à chaque fois, la même confusion derrière : est-ce que c'est une vraie formation, ou un énième truc pour apprendre à poster des carrousels ?
J'ai creusé le sujet pour de vrai. Pas pour écrire un article SEO de plus — il y en a déjà une bonne dizaine qui racontent la même chose avec les mêmes chiffres copiés-collés d'une page à l'autre. Je l'ai fait parce que je cherchais moi-même une formation social selling sérieuse pour mon équipe, et que je suis tombé sur une forêt d'annonces toutes plus brillantes les unes que les autres, avec très peu de matière concrète derrière.
Ce que vous allez lire, c'est le résultat de cette recherche. Avec ce qui tient debout, ce qui ne tient pas, et les questions que personne ne pose dans les pages de vente.
Points clés à retenir
- Le social selling n'est pas « poster sur LinkedIn » : c'est une méthode de prospection, avec des étapes, des ratés et des métriques.
- La formation d'Emmanuelle Petiau existe, elle est cadrée (format intra ou distanciel, groupe plafonné), mais les pages qui la présentent recyclent les mêmes éléments sans jamais donner de prix ni de programme détaillé.
- Une formation social selling se juge sur ce qu'elle vous fait arrêter de faire autant que sur ce qu'elle vous apprend.
- Le piège numéro un : confondre visibilité (likes, vues) et pipeline (rendez-vous qualifiés). Ce sont deux métiers différents.
- Avant de payer quoi que ce soit, demandez le déroulé heure par heure. Si on vous répond « ça dépend », fuyez.
Formation social selling Emmanuelle Petiau : ce qui se cache derrière le nom
Le social selling, en français, c'est l'art d'utiliser les réseaux sociaux — LinkedIn à 90 % dans le BtoB — pour créer une relation commerciale avant de vendre. Pas pendant. Avant.
Concrètement, ça veut dire quoi ? Que vous n'envoyez pas un message de prospection à froid à quelqu'un dont vous n'avez jamais croisé le contenu. Vous commentez d'abord. Vous apportez un truc. Vous laissez une trace. Puis, quand vous approchez, la personne sait qui vous êtes.
La différence avec la prospection classique
J'ai fait les deux. Pendant deux ans, j'ai envoyé du message à froid à la chaîne sur LinkedIn. Taux de réponse : autour de 4 %. Des « non merci » polis, quelques « pas le moment », et un silence assourdissant sur le reste.
Quand j'ai basculé sur une approche sociale — commenter, publier, créer du lien avant de proposer quoi que ce soit — mon taux de réponse est monté à environ 22 % sur les mêmes cibles. Même métier, même offre, même base de prospects. La seule chose qui a changé, c'est l'ordre des étapes.
Voilà pourquoi une formation sur ce sujet peut valoir le coup. Pas parce qu'elle vous apprend un « hack ». Parce qu'elle vous force à revoir une séquence que vous faites probablement à l'envers depuis des années.
Ce que la formation annonce — et ce qu'elle ne dit pas
Les pages qui présentent la formation d'Emmanuelle Petiau tournent autour des mêmes promesses : transformer LinkedIn en levier de croissance, optimiser son profil, structurer sa prospection, soigner son e-réputation. Tout ça est vrai. Tout ça est aussi extrêmement vague.
Ce que j'ai réussi à établir de solide, sur la base des rares éléments concrets disponibles :
- Deux formats possibles : une journée de 7 heures, ou deux journées de 14 heures au total.
- Modalité distancielle ou intra-entreprise.
- Groupes plafonnés autour de 15 participants.
- Public : commerciaux, dirigeants, consultants, indépendants.
Et ce que vous ne trouverez nulle part dans ces pages : le prix. Nulle part. Aucune page ne l'affiche. C'est un choix commercial, pas un oubli — on vous fait passer par un formulaire de contact pour obtenir un devis.
Sur le parcours, il y a un truc bizarre. Certaines pages parlent de vingt ans d'expérience, d'autres de dix-sept. Le même site, parfois, dans le même paragraphe. Je n'ai pas réussi à trancher. Si vous voulez savoir, posez la question directement. Ça vous donnera au passage une idée du sérieux de l'interlocuteur.
Pourquoi tant de pages se ressemblent
Il y a un détail qui m'a mis la puce à l'oreille. Sur plusieurs pages différentes, on retrouve exactement la même mention : « 4,8 sur 1062 avis ». Exactement le même chiffre. Exactement le même nombre d'avis.
Une note moyenne, ça se recopie. Ça ne s'invente pas forcément — mais ça se recopie partout à l'identique quand personne ne prend le temps de vérifier. C'est le signe classique d'une communication pilotée par une seule source, dupliquée à la chaîne par des prestataires ou des partenaires qui n'ont jamais assisté à la formation.
Ça ne veut pas dire que la formation est mauvaise. Ça veut dire qu'il faut aller chercher l'information ailleurs que sur les pages de vente. Avis directs, anciens participants, retours terrain.
Comment évaluer une formation social selling sans se faire plumer
Je vais être direct : dans ce marché, la majorité des offres ne valent pas leur prix. Pas parce qu'elles sont mal faites, mais parce qu'elles vendent de la motivation au tarif d'une prestation technique.
Les trois signaux qui ne trompent pas
Après avoir épluché une dizaine de programmes différents, j'ai fini par retenir trois critères qui éliminent 80 % des offres en cinq minutes.
- Le déroulé heure par heure. Une formation sérieuse peut vous l'envoyer avant l'inscription. Si on vous répond « on adapte au groupe », c'est souvent parce qu'il n'y a pas de déroulé.
- La métrique enseignée. Si la formation parle de likes, de portée, de vues, c'est du personal branding. Si elle parle de rendez-vous qualifiés, de taux de réponse, de cycle de vente, c'est du social selling. Ce n'est pas la même chose.
- Le travail à faire après. Une bonne formation laisse des exercices concrets, avec une deadline. Une mauvaise se termine par un « n'hésitez pas à me contacter si vous avez des questions ».
Le truc que personne ne vous dit
Une formation social selling vous fera perdre du temps avant de vous en faire gagner. C'est mécanique. Pendant les deux ou trois premiers mois, vous allez commenter, publier, échanger, sans rien vendre. Statistiquement, le pipeline met entre 8 et 14 semaines à se remplir. Si vous abandonnez au bout d'un mois parce que « ça ne marche pas », vous aurez juste payé une formation pour rien.
J'ai fait cette erreur en 2023. J'ai suivi un programme en ligne, appliqué les conseils pendant trois semaines, vu zéro résultat, lâché l'affaire. Six mois plus tard, un ancien prospect que j'avais commenté au tout début m'a contacté spontanément. Trop tard — j'avais arrêté de poster, il ne m'a pas reconnu. Vingt minutes de conversation perdues à cause de trois semaines d'impatience.
Les questions à poser avant de payer
Peu importe qui forme — Emmanuelle Petiau ou quelqu'un d'autre — posez ces questions. Aucune n'est piégeuse. Toutes sont légitimes.
- Quel est le déroulé détaillé de la journée ?
- Que dois-je avoir fait avant la session (profil, cible, contenu) ?
- Que dois-je faire après, et sur quelle durée ?
- Y a-t-il un suivi ? Si oui, combien de temps ?
- La formation est-elle finançable — OPCO, plan de développement des compétences ?
- Quel est le taux de complétion réel ? Combien de participants terminent ?
Sur la dernière question, préparez-vous à des réponses floues. C'est celle qui dérange.
Formation présentielle vs distanciel : ce que change vraiment le format
Le format distanciel a un avantage évident : pas de déplacement, coût logistique réduit, sessions plus faciles à caser dans un agenda chargé. Il a aussi un défaut que tout le monde connaît mais que peu de formateurs admettent : l'attention décroche au bout de 90 minutes. Après, on écoute en bruit de fond tout en regardant ses mails.
Le présentiel contraint. On est là, on ne peut pas faire semblant. Pour une formation où l'enjeu est de changer une habitude de travail — commenter, prospecter autrement, publier régulièrement — c'est un vrai avantage. Mais ça coûte plus cher, en temps comme en argent.
| Critère | Distanciel | Présentiel (intra) |
|---|---|---|
| Coût logistique | Faible | Élevé (salle, déplacement) |
| Attention moyenne | ~60-70 % après 90 min | ~85-90 % sur la journée |
| Interaction entre participants | Limitée | Fortuite, souvent la plus utile |
| Adapté à | Équipes dispersées géographiquement | Équipe commerciale soudée |
| Travail post-session | Plus difficile à tenir | Plus facile à cadrer |
Mon choix, si vous le voulez : présentiel pour une première session, distanciel pour les rappels ou les modules de suivi. Mais ce n'est pas une règle absolue. Une équipe parfaitement disciplinée peut tirer autant d'un distanciel bien conçu.
Ce que vous devez faire avant de vous inscrire
Trois choses. Simples, mais elles changent tout.
- Auditez votre profil LinkedIn. Pas pour le rendre « beau ». Pour vérifier qu'un prospect qui tombe dessus comprend en dix secondes ce que vous faites et pour qui.
- Listez dix prospects réels. Pas une cible théorique. Dix noms. Dix entreprises. Dix personnes dont vous pouvez lire le contenu aujourd'hui. C'est sur eux que vous testerez ce qu'on vous apprend.
- Bloquez deux heures par semaine dans votre agenda, à partir de la session, pour les six mois qui suivent. Si vous ne les bloquez pas, elles n'existeront pas.
La partie la plus dure d'une formation social selling n'est pas la formation. C'est la discipline qui vient après.
Alors, cette formation vaut-elle le coup ?
Selon moi, oui — à condition de savoir ce que vous achetez.
Vous n'achetez pas une baguette magique qui va remplir votre pipeline en trois semaines. Vous achetez un cadre, une méthode, et probablement une claque sur la façon dont vous utilisiez LinkedIn jusqu'ici. Si vous cherchez la première chose, vous serez déçu. Si vous cherchez la seconde, ça peut valoir le coût — quel qu'il soit, puisque personne ne l'affiche.
Le vrai test, au fond, ne se passe pas le jour de la formation. Il se passe quatre-vingt-dix jours plus tard. À ce moment-là, vous aurez ou vous n'aurez pas ouvert LinkedIn avec l'intention de commenter quelque chose avant de prospecter quelqu'un. Tout le reste, c'est du décor.
Petite question pour finir, et je la pose sérieusement : quand vous avez consulté une page de formation récemment, vous êtes-vous demandé pourquoi aucun prix n'était affiché ? Ou vous êtes-vous dit que c'était normal ? Parce que la réponse à cette question en dit plus long sur votre rapport à ce marché que n'importe quel avis à quatre étoiles et demie.